...
01 76 31 06 55

Sommaire

    Notre offre vous intéresse ?

    Empreinte carbone flotte automobile : comment la mesurer et la réduire ?

    La flotte de véhicules, en particulier lorsqu’elle inclut des modèles thermiques ou un véhicule utilitaire, représente aujourd’hui un poste clé dans la stratégie environnementale des entreprises. Le secteur des transports génère près de 30 % des émissions de CO₂ en France, ce qui renforce l’urgence d’une prise de conscience collective et d’une lutte active contre le changement climatique. Dans un contexte de durcissement réglementaire (BEGES, CSRD, loi Climat & Résilience), d’engagements RSE et de maîtrise du TCO, mesurer et réduire le carbone de votre flotte devient une priorité stratégique.

    Sommaire

    Qu’est-ce que l’empreinte carbone d’une flotte automobile ?

    L’empreinte carbone d’une flotte automobile représente la quantité totale de gaz à effet de serre (principalement le CO₂) émise par l’ensemble des véhicules utilisés par une entreprise dans le cadre de son activité. Elle s’exprime généralement en kilogrammes ou tonnes de CO₂ équivalent (CO₂e) et prend en compte toutes les sources d’émissions liées à l’usage des véhicules.

    Ces émissions varient selon plusieurs facteurs :

    • le type de motorisation (essence, diesel, hybride, électrique),
    • la consommation de carburant ou d’énergie,
    • le kilométrage parcouru,
    • le style de conduite,
    • le poids et la charge transportée (ce qui peut être particulièrement important pour un véhicule utilitaire),
    • les conditions d’usage (urbaine, autoroute, chantier, livraison dernière mile, etc.).

    Mesurer cette empreinte permet d’évaluer l’impact environnemental de la flotte et d’identifier les leviers d’optimisation. C’est une première étape essentielle avant de mettre en place une stratégie de réduction alignée avec les objectifs RSE et les obligations réglementaires.

    Pourquoi mesurer l’empreinte carbone de sa flotte est devenu indispensable pour les entreprises ?

    La maîtrise de l’empreinte carbone d’une flotte automobile n’est plus une option : elle s’impose désormais comme un enjeu stratégique à la croisée des obligations réglementaires, des engagements RSE, de la performance économique et de l’image de marque.

    Une réglementation qui s’endurcit

    Plusieurs dispositifs imposent désormais aux entreprises de mesurer et réduire leurs émissions :

    • Le BEGES (Bilan des Émissions de Gaz à Effet de Serre) devenu obligatoire pour de nombreuses entreprises.
    • La directive CSRD, qui renforce les obligations de reporting extra-financier dès 2025.
    • La loi Climat & Résilience, qui impose une part minimale de véhicules à faibles émissions lors du renouvellement de la flotte.
    • Les ZFE (Zones à Faibles Émissions), qui limitent progressivement l’accès aux véhicules les plus polluants.

    Ces évolutions poussent les entreprises à structurer leur stratégie carbone autour de leur flotte de véhicules, dans une logique de lutte durable contre le changement climatique.

    Objectifs RSE et stratégie de décarbonation

    Dans le cadre de leur politique RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises), les organisations cherchent à réduire leur impact environnemental et à aligner leur activité sur les engagements climat. La flotte automobile, souvent l’un des premiers postes d’émissions directes, devient alors un levier prioritaire pour atteindre les objectifs de neutralité carbone.

    Impact sur le TCO et les coûts opérationnels

    L’empreinte carbone d’un véhicule est étroitement liée à sa consommation énergétique. Réduire ses émissions signifie souvent réduire sa consommation de carburant ou d’électricité, ce qui impacte directement le TCO (Total Cost of Ownership). Une meilleure maîtrise des émissions peut donc se traduire par des économies opérationnelles significatives : carburant, entretien, fiscalité, pénalités ou surcoûts liés aux malus.

    Image de marque, appels d’offres et attentes des clients

    Les donneurs d’ordre, partenaires et clients sont de plus en plus sensibles à la performance environnementale des entreprises avec lesquelles ils travaillent. Une flotte maîtrisée en termes d’émissions carbone devient un argument différenciant, notamment dans le cadre des appels d’offres intégrant des critères RSE. Elle contribue également à renforcer l’image d’une entreprise engagée, responsable et tournée vers l’avenir.

    Comment calculer l’empreinte carbone d’une flotte automobile ?

    Les données à collecter

    Pour réaliser un calcul fiable, il est nécessaire de rassembler plusieurs types d’informations :

    • Kilométrage parcouru par véhicule ou par mission ;
    • Volumes de carburant ou d’énergie consommés (diesel, essence, bioGNV, électricité) ;
    • Types de motorisations et énergie utilisée (thermique, hybride, hybride rechargeable, électrique, hydrogène) ;
    • Poids des véhicules et taux de charge, influençant la consommation énergétique ;
    • Conditions d’usage (livraison urbaine, longue distance, chantier, tournée commerciale) ;
    • Comportements de conduite (accélérations, freinages, ralenti prolongé, surconsommation).

    Plus la collecte de données est précise, plus le calcul de l’empreinte carbone sera fiable et exploitable.

    Méthodes de calcul : facteurs d’émission, bilan carbone, base ADEME

    La méthode la plus courante consiste à appliquer un facteur d’émission à chaque litre de carburant ou kWh consommé. Par exemple, selon la base Carbone de l’ADEME :

    • 1 litre de diesel ≈ 2,68 kg CO₂e,
    • 1 litre d’essence ≈ 2,31 kg CO₂e,
    • 1 kWh d’électricité ≈ environ 0,05 à 0,10 kg CO₂e (selon le mix énergétique).

    Formule simplifiée : consommation de carburant x facteur d’émission = émissions de CO₂

    Pour une approche plus globale, les entreprises peuvent utiliser des méthodologies reconnues :

    • Bilan Carbone® ADEME,
    • ISO 14064,
    • GHG Protocol (Greenhouse Gas Protocol).

    Ces cadres incluent les émissions directes (scope 1), indirectes liées à l’énergie (scope 2), voire indirectes élargies (scope 3 : fabrication du véhicule, maintenance, fin de vie…).

    Outils et logiciels de reporting CO₂

    Plutôt que de collecter manuellement les données, de nombreuses entreprises s’appuient sur :

    • Des plateformes de gestion de flotte intégrant des tableaux de bord CO₂,
    • Des solutions de télématique embarquée mesurant consommation, distance et style de conduite,
    • Des outils de simulation TCO + CO₂,
    • Des logiciels RSE/Bilan Carbone permettant d’automatiser les calculs et de générer des rapports conformes aux normes.

    Ces outils facilitent l’analyse par véhicule, par typologie de mission, par conducteur ou par entité, pour piloter efficacement la stratégie carbone.

    Quelles actions pour réduire l’empreinte carbone de son parc automobile ?

    Transition énergétique : quelle stratégie de motorisation ?

    La réduction des émissions passe d’abord par une réflexion sur la motorisation des véhicules. Plusieurs options peuvent être envisagées selon l’usage professionnel :

    • Véhicules thermiques optimisés : choisir des modèles plus sobres et moins polluants.
    • Hybrides et hybrides rechargeables : adaptés aux trajets mixtes ou urbains avec des émissions réduites.
    • Véhicules 100 % électriques : solution la plus efficace pour les trajets urbains ou périurbains, avec zéro émission à l’usage.
    • Hydrogène : une alternative émergente pour les flottes à fort kilométrage ou usage intensif.

    Une stratégie de transition énergétique doit s’inscrire dans le temps et s’adapter aux contraintes de chaque activité (livraison, intervention technique, mobilité commerciale…).

    Éco-conduite et gestion des comportements : un levier immédiat de réduction

    Les comportements de conduite influencent fortement la consommation de carburant. Former les conducteurs à l’éco-conduite permet de réduire la consommation jusqu’à 15 %. Quelques bonnes pratiques :

    • Adopter une conduite souple et anticipative,
    • Limiter les accélérations brusques et freinages tardifs,
    • Éviter les temps de ralenti inutiles,
    • Utiliser les rapports de vitesse de manière optimale.

    Certaines plateformes de télématique proposent du scoring pour accompagner chaque conducteur vers de meilleures pratiques.

    Optimiser les trajets : planification, itinéraires, mutualisation, covoiturage pro

    Réduire les kilomètres parcourus permet de diminuer directement les émissions :

    • Optimisation des tournées de livraison ou d’intervention,
    • Choix d’itinéraires plus fluides et moins consommateurs en énergie,
    • Mutualisation des trajets entre collaborateurs,
    • Développement du covoiturage professionnel lorsque possible.

    Ces actions contribuent à une utilisation plus rationnelle du parc et à une baisse du coût d’exploitation.

    Renouvellement raisonné du parc : critères d’achat basés sur CO₂ et TCO

    En intégrant les émissions de CO₂ comme critère de sélection dans les appels d’offres véhicules, les entreprises orientent progressivement leur flotte vers des modèles plus durables. L’évaluation des véhicules peut se baser sur :

    • Le TCO incluant carburant, entretien, fiscalité carbone,
    • Le niveau d’émission WLTP (g/km),
    • L’éligibilité aux dispositifs de bonus/malus ou à certaines aides publiques.

    Maintenance et entretien : réduire la surconsommation et prolonger la durée de vie des véhicules

    Un véhicule mal entretenu consomme davantage :

    • Contrôler régulièrement la pression des pneus,
    • Entretenir le moteur et les filtres,
    • Surveiller les systèmes de freinage,
    • Pratiquer des révisions régulières selon l’usage.

    La maintenance préventive contribue à diminuer les émissions et à prolonger la durée de vie du parc, tout en limitant le risque d’immobilisation. Découvrez notre article complet sur le sujet de la maintenance d’une flotte de véhicules.

    Suivi, pilotage et amélioration continue : maîtriser l’empreinte carbone sur la durée

    Réduire l’empreinte carbone de sa flotte n’est pas une action ponctuelle, mais un processus continu qui repose sur le suivi, l’analyse des performances et l’adaptation régulière des stratégies de mobilité.

    Mettre en place des KPI carbone par véhicule et par conducteur

    Pour piloter efficacement la performance environnementale de la flotte, il est essentiel d’identifier des indicateurs clés tels que :

    • Émissions de CO₂ par véhicule ou type de mission,
    • Émissions de CO₂ par conducteur,
    • Consommation de carburant par kilomètre parcouru,
    • Pourcentage de kilomètres réalisés en véhicules faibles émissions,
    • Taux de progression par rapport aux objectifs de réduction fixés.

    Ces KPI permettent de détecter les dérives, de comparer les performances et d’instaurer une culture d’amélioration continue.

    Intégrer un tableau de bord CO₂ dans la gestion de flotte

    Les outils de gestion de flotte et de télématique offrent aujourd’hui des tableaux de bord permettant d’agréger les données liées à la consommation et aux émissions. Ils facilitent le suivi global et individuel, l’identification des anomalies, le repérage des axes d’optimisation et la prise de décision en temps réel.

    Mise en place d’un plan d’action carbone inclus dans la car policy

    Pour qu’une stratégie de décarbonation soit durable et pleinement applicable, elle doit être clairement intégrée à la car policy de l’entreprise. Celle-ci peut définir des règles de sélection des véhicules en fonction de leur niveau d’émissions de CO₂, imposer des consignes d’éco-conduite, fixer des seuils d’émissions à ne pas dépasser selon les catégories de véhicules et établir des objectifs de réduction mesurables à court, moyen et long terme. En formalisant ces engagements, l’entreprise aligne les comportements de ses conducteurs, ses choix d’achat et sa gestion opérationnelle sur une trajectoire carbone maîtrisée.

    Reporting RSE : comment communiquer ses résultats ?

    Un reporting régulier sur les émissions de la flotte permet de valoriser les actions mises en place et de démontrer les progrès réalisés. En interne, il peut être partagé avec la direction, les équipes RSE, les instances représentatives du personnel ou les collaborateurs pour renforcer l’engagement collectif. En externe, il constitue un atout auprès des clients, partenaires, investisseurs ou organismes de contrôle dans le cadre du BEGES ou de la CSRD. Une communication transparente et structurée renforce l’image de l’entreprise en tant qu’acteur engagé et peut devenir un véritable avantage concurrentiel, notamment lors de réponses à des appels d’offres intégrant des critères environnementaux.

    Empreinte carbone et véhicules électriques : sont-ils toujours la meilleure solution ?

    Les véhicules électriques sont souvent présentés comme l’alternative idéale pour réduire l’empreinte carbone d’une flotte, car ils n’émettent pas de CO₂ à l’usage. Toutefois, leur impact doit être évalué sur l’ensemble du cycle de vie : fabrication de la batterie, source d’électricité utilisée pour la recharge et conditions d’exploitation.

    L’efficacité carbone d’un véhicule électrique dépend fortement du mix énergétique du pays. Dans un contexte où l’électricité est majoritairement bas carbone, les émissions indirectes restent limitées. En revanche, dans un environnement reposant sur des énergies fossiles, l’impact peut être plus élevé que prévu. De plus, si le véhicule n’est pas adapté aux usages (trajets trop longs, difficultés de recharge), sa performance environnementale peut être compromise.

    Ainsi, l’électrique reste une solution pertinente lorsqu’il est bien intégré à une stratégie globale de flotte : analyse des besoins, optimisation des trajets, gestion intelligente de la recharge et suivi des performances.

    FAQ : réponses aux questions fréquentes

    Comment calculer les émissions de CO₂ d’un véhicule d’entreprise ?

    Les émissions se calculent à partir de la consommation de carburant ou d’énergie multipliée par un facteur d’émission (ex. : 1 litre de diesel ≈ 2,68 kg de CO₂). Des outils de gestion de flotte ou un bilan carbone basé sur la méthode ADEME peuvent automatiser ce calcul.

    Quelle est la part de la flotte dans l’empreinte carbone d’une entreprise ?

    Selon le secteur d’activité, la flotte peut représenter une part significative des émissions directes (scope 1) et indirectes (scope 3). Dans les entreprises de transport, livraison ou services, elle peut constituer l’un des premiers postes d’émissions.

    Quels outils utiliser pour suivre l’empreinte carbone de sa flotte ?

    Des solutions de télématique et de gestion de flotte permettent de suivre en temps réel la consommation, les émissions de CO₂, les comportements de conduite et les indicateurs environnementaux. Elles génèrent des tableaux de bord et facilitent le reporting RSE.

    Quelle différence entre empreinte carbone et TCO ?

    Le TCO (Total Cost of Ownership) mesure le coût total de possession d’un véhicule (achat, entretien, carburant, fiscalité). L’empreinte carbone chiffre son impact environnemental. Les deux sont liés : une réduction des émissions entraîne souvent une baisse du TCO.